Archives for 13 February 2009

Auteur : Julien
• 13 February 2009

C’est une remarque que je partageais encore hier lors d’un rendez-vous avec un autre patron de TPE.

Alors que les grands groupes sont sérieusement ébranlés ces derniers mois, les petites entreprises semblent elles ne pas (trop) connaitre la crise.
Est-ce une réalité ou juste que je n’ai pas rencontré de TPE dans des secteurs d’activité touchés ? Aujourd’hui, parmi la vingtaine de clients récents de Phoceis, seuls un ou deux, des groupes internationaux, m’ont clairement annoncé qu’il ne fallait pas compter sur eux dans les prochains mois. Les plus petites entreprises semblent elles continuer leur développement et poursuivent notre collaboration.

Des mentalités différentes ?

Les grands groupes sont dépendants d’actionnaire, qui ne raisonnent qu’en terme de profits, dividendes et cours de bourse (désolé pour le discours un brin gauchiste !). Les bénéfices fondent, les salariés trinquent.

Les patrons de PME, eux, n’ont pas le même raisonnement. Soyons clair : la notion de résultat net en fin d’année et de rentabilité, je m’en contrefiche (mon banquier, moins, et je trouve cela dommage). Je pilote ma société avec un seul indicateur : la trésorerie, c’est à dire le solde de mon compte en banque et son prévisionnel. Et ma priorité n’est pas que de faire des bénéfices, mais aussi de créer, et conserver, de l’emploi. Soyons honnête : ce n’est pas (seulement) par altruisme, mais aussi pour mon auto-satisfaction :)

Le hors-bord et le ferry

Bien entendu, TPE et plus grands groupes ont une autre différence de taille (c’est le cas de le dire) : leur inertie.
Face à l’orage, une petite société peut s’adapter très rapidement et faire preuve de flexibilité en faisant le dos rond. Les plus grosses sociétés doivent elles attendre plusieurs mois avant que les décisions prises produisent leurs premiers effets. En somme, lors de la tempête, le hors-bord rentrera plus vite au port que le ferry.

Dangers au coin du bois

Bien sûr, ce n’est là que généralités, mais sûrement pas une règle générale. Je suis certain que nombre de TPE (et notamment les artisans) souffrent de la crise actuelle. La principale difficulté restant bien entendu la baisse de la demande. Mais d’autres dangers les guettent, parmi lesquels j’en citerai deux :

  • les tensions de trésorerie, par frilosité des banques pour financer, ou parce que les clients (et souvent les grosses boites …) profitent du climat actuel pour jouer à l’élastique avec les délais de paiement (vécu …)
  • la dépendance à un client (c’était par exemple le cas de Phoceis vis à vis de Toyota il y a quelque années) qui fait que, souvent, lorsque le gros décide de réduire la voilure, c’est le petit qui se noie.

Je serais curieux d’avoir l’avis d’autres TPE sur l’impact de la crise sur leur activité, et leur comportement face à celle-ci.

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Auteur : Julien
• 13 February 2009

Il y a quelques semaines, lors d’une discussion avec mon épouse, nous évoquions notre besoin mutuel de donner du sens à ce que nous faisions aussi bien sur le plan personnel que professionnel. Sans doute est-ce là une des mini-crises de la trentaine qui, une fois votre vie professionnelle établie et les bambins arrivés au foyer, vous donne envie de regarder autour de vous et de voir en quoi nous pouvons apporter, à notre humble niveau, au monde qui nous entoure.

Certes, ce week-end, j’ai bien rempli un sac pour les restos du cœur au supermarché du coin. Mais cela reste ponctuel. J’ai alors découvert, via un article de TechCrunch, Kiva.org, une sorte de place de marché du micro-crédit. Le principe est simple : vous prêtez, par l’intermédiaire du site et d’associations locales, de l’argent à des porteurs de projets qui ont besoin de financement pour lancer leur activité. Si ceux-ci réussissent dans leur entreprise, ils vous remboursent le capital selon un échéancier pré-déterminé (ce n’est pas une opération financière, aucun intérêt n’est perçu). J’ai trouvé l’idée excellente.

L’activité de Phoceis étant actuellement très bonne, je tenais là un moyen de faire une bonne action sur du moyen/long terme, sans avoir à y investir trop de mon temps. J’ai donc décidé d’investir, via Kiva.org, 2% du chiffre d’affaire de Phoceis, à compter du 1er Février 2009. Bien entendu, cela ne va pas révolutionner le monde, cela représentera 3 à 4 k€ par an. Mais c’est mieux que rien, et peut-être cela donnera-t-il des idées à des collègues créateurs d’entreprise. Et c’est un pas de plus dans notre quête du sens, la prochaine étape étant notre déménagement dans une yourte en pleine montagne sans eau ni électricité, pour économiser les ressources de la planète (comment ça, chérie, “on va en reparler” ? :))

Bon bien entendu, ne soyons pas béni-oui-oui, cela me permet également de donner une touche de développement durable (grand terme à la mode) pour Phoceis, et je ne me prive d’ailleurs pas de le mettre en page d’accueil de notre site. Sans en faire des tonnes cependant. Et en utilisant l’API fournie par Kiva (qui a profondément émue mon côté geek) pour présenter les projets que nous finançons.

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Je profite de ces article pour vous signaler deux sites connexes :

  • Babyloan.org, un équivalent de Kiva en français
  • Le capital altruiste (par Thierry), une autre alternative, beaucoup plus ambitieuse, pour la place de l’entreprise dans la société