Le m-commerce (pour mobile commerce) constitue l’arlésienne de ces cinq dernières années. Chaque nouvelle année doit être “l’année du commerce mobile”. Force est de constater que cela ne s’est pour l’instant pas vérifié dans les faits.
Les investissements dans le commerce mobile représentent pour l’instant une part très modeste du total consacré au commerce électronique. Mais cela a été longtemps le cas pour le e-commerce à ses débuts. D’ailleurs les investissements dans la publicité sur mobile ont quasiment depuis 2007, selon l’IAB, pour s’élever à 18.6 millions de dollars.
Le vrai décollage du m-commerce est sans doute pour bientôt. A cela plusieurs raisons.
L’ergonomie des téléphones mobiles était rudimentaire et constituait un frein important au développement des applications mobiles. Apple et son IPhone ont révolutionné ces usages en proposant une expérience utilisateur agréable et intuitive. Même si l’IPhone ne représente que -pour l’instant !- 10% du marché (selon Gartner, 2009), il a eu le mérite de faire des émules et les autres fabricants sortent désormais des appareils accessibles au plus grand nombre.
Apple d’un côté donc, et Google de l’autre. Bien qu’Android soit pour l’instant l’apanage de quelques geeks, il a le mérite, via l’Open Handset Alliance de chercher à standardiser les terminaux mobiles, là où la multitude de plateforme, résolution, système d’exploitation avaient jusque là de quoi refroidir les ardeurs de beaucoup d’acteurs.
N’oublions pas que les marketplaces d’Apple (l’App Store), de Blackberry et dans un futur très proche de Microsoft (avec le prochain Windows Mobile) fournissent également aux éditeurs des solutions simplifiées de déploiement et de monétisation, même si c’est au prix de marges plus faibles et d’une grande dépendance vis à vis du fabricant (le processus de validation d’une application pour l’App Store n’est pas sans rappeler un système féodal …).
Enfin, les mobiles d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec les Nokia 3310 d’antan. Exit de WAP et la lenteur du téléchargement. Aujourd’hui, la 3G est de mise dans beaucoup d’endroits, et les téléphones modernes présentent des attributs (GPS, video, alertes push, etc…) qui ont de quoi exciter l’imagination de tout marketer : réalité augmentée, push d’offres promotionnelles géo-localisées, QR Codes, etc…
Bien entendu, la technologie ne fait pas tout. Le m-commerce doit s’intégrer dans une stratégie globale de marque. Il n’est d’ailleurs peut-être pas utile de lancer d’office une application de commerce électronique, qui nécessite des investissements substantiels.
Des solutions intermédiaires existent : une chaine de magasins peut par exemple mettre un premier pied dans l’univers mobile en développant tout d’abord un “store locator”, plus moins coûteux à réaliser.
Ce qui est certain en tous cas : le temps des early-adopters est révolu. Le m-commerce a atteint une maturité suffisante pour que les marques investissent le terrain. Et comme souvent dans ce monde ou tout va vite, les premières arrivées seront en position de force.